Cela fait deux mois que nous sommes rentrés de notre expérience en Egypte. Et beaucoup nous demandent comment se passe notre retour : il se passe bien. Au début, c’est un peu irréel le retour, parce qu’en 4 heures de vol on peut aujourd’hui passer d’un monde à un autre. Pour les cœurs, il faut un peu plus de temps pour réaliser. Puis, c’est l’excitation de retrouver les proches, les amis, des lieux connus, de redécouvrir notre « chez nous », et reprendre nos repères de la vie quotidienne. Nous profitons ensuite de ce qui nous a manqué pendant une année : les bons plats alsaciens, la forêt, la montagne, les nuages, la pluie, nos cantiques, nos belles églises… Rien n’est plus si évident en rentrant, car c’est lorsqu’on est loin, que l’on se rend compte de ce qu’on a quitté ! Et on oublie beaucoup de chose, car en arrivant en Egypte, tout est si neuf, qu’il faut sûrement faire de la place là-haut pour tout enregistrer !

Et la route continue en Alsace du Nord…
Ce qui fut difficile pour nous, c’est de dire au revoir à ses filles de l’orphelinat, à la soeur, à Cécile et à tous ceux que nous avons rencontré et aimé là-bas ! Ces filles qui étaient un peu devenues comme « nos » filles. Des filles dont nous avons partagé le quotidien pendant 11 mois. Nous avons vécu les devoirs, le stress des examens, les fêtes religieuses, les vacances à la mer, les rires et les pleurs, les repas et leurs grimaces devant ce qu’elles n’aiment pas, les humeurs du jour… Aujourd’hui, elles nous manquent, c’est vrai ! Mais, el-Hamdulillah (Grâce soit rendue à Dieu !), de nouveaux volontaires sont arrivés au Caire il y a quelques jours…
Et elles nous ont tant appris ! Elles nous ont appris à aimer vraiment et à pardonner. « Malesh », ce mot magique qui a beaucoup de force en Egypte et qui signifie « Pardon, passons à autre chose maintenant », et Dieu sait que ce n’est pas facile ! Elles nous ont appris combien c’est important d’être des frères et sœurs en Christ. Parce qu’elles ne veulent pas être regardé comme des « orphelines », comme des « petites », mais qu’elles ont besoin de ce regard d’amour qui leur donne de la valeur, d’un regard qui ne tienne pas compte de leur passé, d’un regard qui les relève : le regard de Dieu et les nôtres. En Egypte, être « orphelines » est très mal vu, c’est souvent vécu comme une honte. Elles nous ont appris à être reconnaissants, elles qui se rendent compte qu’elles vivent mieux grâce à tous ces dons qu’elles reçoivent, don en temps offert par des volontaires, des jeunes bénévoles qui donnent des leçons d’arabe ou d’anglais, dons en nature qui arrivent toujours au bon moment, don d’argent qui permettent d’entretenir la maison ou de payer les fournitures scolaires et les besoins élémentaires des filles. Elles nous ont aussi, avec sœur Marie, beaucoup apporté spirituellement. Par leur prières quotidiennes avant chaque repas pour rendre grâce, par leurs prières chaque matin avant de quitter la maison en appelant les anges gardiens à veiller sur tous ceux qu’elles aiment, par leur confiance puissante en Dieu, par la lecture quotidienne de la Bible, et en étant si attentionnés avec tous ces prochains que nous rencontrons chaque jour. Pour la sœur comme pour les filles, la foi est un pilier de chaque jour, la présence de Dieu un réel appui pour vivre chaque nouveau jour. Et c’est parfois difficile. Sœur Marie prie souvent pour combattre sa peur du lendemain : aurais-je assez de force et de biens pour subvenir aux besoins des filles ? C’est le combat quotidien entre la confiance d’une part et nos peurs d’autre part. Yann et moi avons été fortifiés spirituellement.
Ce fut une année très enrichissante d’un point de vue humain, professionnel et spirituel. Cette expérience nous a enrichis profondément, elle nous a même transformés, elle a transformé nos regards sur le monde, sur la Vie. Découvrir une autre culture, faire l’expérience d’être étranger, faire l’effort d’apprendre une nouvelle langue, nous a également beaucoup enrichi, surtout que l’Egypte est un pays très varié et avec une Histoire passionnante et un patrimoine très riche : des pharaons à nos jours, le Nil et ses trésors, du désert à la mer rouge en passant par le Sinaï. Nous avons eu la chance de pouvoir nous promener et découvrir ces trésors, et ainsi sortir de la pollution du Caire. Pour créer des liens les égyptiens, nous, les étrangers, avons appris que l’humilité et la douceur sont indispensables !
Nous tenions encore à remercie tous ceux qui nous ont suivi pendant cette aventure, lecteurs, commentateurs, avec nous en pensée, ainsi que toutes les paroisses qui témoignent d’un intérêt et d’un soutien pour ce projet de l’Action chrétienne en Orient.
order drugs without prescription alt=» cairo_3724″ width=» 480″ height=» 319″ />






