7 < >sept 2010

Nouvelles de notre retour

Auteur: admin | sous: Non classé

Cela fait deux mois que nous sommes rentrés de notre expérience en Egypte. Et beaucoup nous demandent comment se passe notre retour : il se passe bien. Au début, c’est un peu irréel le retour, parce qu’en 4 heures de vol on peut aujourd’hui passer d’un monde à un autre. Pour les cœurs, il faut un peu plus de temps pour réaliser. Puis, c’est l’excitation de retrouver les proches, les amis, des lieux connus, de redécouvrir notre « chez nous », et reprendre nos repères de la vie quotidienne. Nous profitons ensuite de ce qui nous a manqué pendant une année : les bons plats alsaciens, la forêt, la montagne, les nuages, la pluie, nos cantiques, nos belles églises… Rien n’est plus si évident en rentrant, car c’est lorsqu’on est loin, que l’on se rend compte de ce qu’on a quitté ! Et on oublie beaucoup de chose, car en arrivant en Egypte, tout est si neuf, qu’il faut sûrement faire de la place là-haut pour tout enregistrer !

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Et la route continue en Alsace du Nord…

Ce qui fut difficile pour nous, c’est de dire au revoir à ses filles de l’orphelinat, à la soeur, à Cécile et à tous ceux que nous avons rencontré et aimé là-bas ! Ces filles qui étaient un peu devenues comme « nos » filles. Des filles dont nous avons partagé le quotidien pendant 11 mois. Nous avons vécu les devoirs, le stress des examens, les fêtes religieuses, les vacances à la mer, les rires et les pleurs, les repas et leurs grimaces devant ce qu’elles n’aiment pas, les humeurs du jour… Aujourd’hui, elles nous manquent, c’est vrai ! Mais, el-Hamdulillah (Grâce soit rendue à Dieu !), de nouveaux volontaires sont arrivés au Caire il y a quelques jours…

Et elles nous ont tant appris ! Elles nous ont appris à aimer vraiment et à pardonner. « Malesh », ce mot magique qui a beaucoup de force en Egypte et qui signifie « Pardon, passons à autre chose maintenant », et Dieu sait que ce n’est pas facile ! Elles nous ont appris combien c’est important d’être des frères et sœurs en Christ. Parce qu’elles ne veulent pas être regardé comme des « orphelines », comme des « petites », mais qu’elles ont besoin de ce regard d’amour qui leur donne de la valeur, d’un regard qui ne tienne pas compte de leur passé, d’un regard qui les relève : le regard de Dieu et les nôtres. En Egypte, être « orphelines » est très mal vu, c’est souvent vécu comme une honte. Elles nous ont appris à être reconnaissants, elles qui se rendent compte qu’elles vivent mieux grâce à tous ces dons qu’elles reçoivent, don en temps offert par des volontaires, des jeunes bénévoles qui donnent des leçons d’arabe ou d’anglais, dons en nature qui arrivent toujours au bon moment, don d’argent qui permettent d’entretenir la maison ou de payer les fournitures scolaires et les besoins élémentaires des filles. Elles nous ont aussi, avec sœur Marie, beaucoup apporté spirituellement. Par leur prières quotidiennes avant chaque repas pour rendre grâce, par leurs prières chaque matin avant de quitter la maison en appelant les anges gardiens à veiller sur tous ceux qu’elles aiment, par leur confiance puissante en Dieu, par la lecture quotidienne de la Bible, et en étant si attentionnés avec tous ces prochains que nous rencontrons chaque jour. Pour la sœur comme pour les filles, la foi est un pilier de chaque jour, la présence de Dieu un réel appui pour vivre chaque nouveau jour. Et c’est parfois difficile. Sœur Marie prie souvent pour combattre sa peur du lendemain : aurais-je assez de force et de biens pour subvenir aux besoins des filles ? C’est le combat quotidien entre la confiance d’une part et nos peurs d’autre part. Yann et moi avons été fortifiés spirituellement.

Ce fut une année très enrichissante d’un point de vue humain, professionnel et spirituel. Cette expérience nous a enrichis profondément, elle nous a même transformés, elle a transformé nos regards sur le monde, sur la Vie. Découvrir une autre culture, faire l’expérience d’être étranger, faire l’effort d’apprendre une nouvelle langue, nous a également beaucoup enrichi, surtout que l’Egypte est un pays très varié et avec une Histoire passionnante et un patrimoine très riche : des pharaons à nos jours, le Nil et ses trésors, du désert à la mer rouge en passant par le Sinaï. Nous avons eu la chance de pouvoir nous promener et découvrir ces trésors, et ainsi sortir de la pollution du Caire. Pour créer des liens les égyptiens, nous, les étrangers, avons appris que l’humilité et la douceur sont indispensables !

Nous tenions encore à remercie tous ceux qui nous ont suivi pendant cette aventure, lecteurs, commentateurs, avec nous en pensée, ainsi que toutes les paroisses qui témoignent d’un intérêt et d’un soutien pour ce projet de l’Action chrétienne en Orient.

21 < >juil 2010

Les mots pour le voyage

Auteur: admin | sous: Les mots pour le voyage

« Ce que j’aime du voyage, c’est l’étonnement du retour.» 

Stendhal in Mémoires d’un  touristes.

21 < >juil 2010

Au revoir et à demain

Auteur: admin | sous: Nos missions

11 mois jour pour jour après notre arrivée au Caire, nous revoici prêts à décoller pour clore cette année spéciale pour nous. Beaucoup de choses vécues, parfois étranges, parfois difficiles, bien souvent enrichissantes et très souvent heureuses. Nous repartons de cette aventure avec quelques kilos de bagages en plus, et des tonnes de souvenirs en plus. L’heure n’est pas encore totalement au bilan, mais il devrait arriver petit à petit, avec un petit recul sur l’expérience vécue.

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Alors au revoir et à demain ! Insh allah !

12 < >juil 2010

une Colo à la mer rouge

Auteur: admin | sous: Nos missions, Sortir du Caire

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Nous revenons tout juste du camp à la mer rouge ! C’est une fois l’équipe d’animation renforcée (par l’arrivée de nos amies alsaciennes), online prescriptions que nous avons rejoint les filles à la mer mercredi. Elles y étaient depuis lundi.
Au programme: BAIGNADE bien sûr, crêpes, fabrication de cerf-volants, atelier vernis à ongles (avec 60 filles, ça s’impose ;-) ), peinture, partage biblique, sieste, veillées animées, ateliers scoubidous et bracelets brésiliens, …

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Le tout dans un cadre très très sympa, et dans une ambiance plus qu’agréable !

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LE BONHEUR !

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2 < >juil 2010

La grande maison dans la prairie

Auteur: admin | sous: Nos missions

Plusieurs personnes nous ont souvent demandé : « ce n’est pas trop dur de travailler dans un orphelinat ?» 

Et bien non, cette expérience nous a montré que non, et pour 3 raisons selon nous…

La première, c’est qu’il ne s’agit pas d’un « orphelinat» . C’est un vieux nom qui était juste à l’époque, et qui resté dans le langage. Or, aujourd’hui, il n’y a plus d’orphelines. Il s’agit en fait d’un « foyer d’accueil» , géré par une paroisse protestante réformée égyptienne. N’est-ce pas plus dur d’être « orphelins»  avec des parents qui ne peuvent pas s’occuper de vous?
Ce foyer accueille environ 80 filles chrétiennes, dont les familles sont trop pauvres pour subvenir à leurs besoins fondamentaux que sont la nourriture, un logement décent et la scolarisation. Sans compter les problèmes sociaux. Elles habitent à la maison toute l’année et rentrent pendant un mois pendant les congés d’hiver en février, puis 2-3 en été. Sinon, les parents qui n’habitent pas trop buy antibiotics online loin peuvent venir en visite le vendredi ou le dimanche. A Noël et à Pâques, un repas de fête est organisé pour les familles des filles.

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Ensuite, la sœur avec qui je travaille ne veut pas seulement les tirer de leur pauvreté matérielle. Mais elle veut LE MEILLEUR pour chacune d’elle. Ce qu’elle souhaite pour chacune d’elle, c’est ce qu’elle souhaiterait pour sa propre fille. Il ne suffit pas de les habiller, de leur donner du pain et de les mettre à l’école. Il s’agit de les reconstruire humainement, de leur redonner une dignité et une confiance en elle. Beaucoup passe par le regard que l’on porte sur elles: Un regard qui relève, un regard qui voit plus que la pauvreté de leur famille, un regard aimant (ce malgré toutes les petites bêtises !), un regard qui les valorise et les rend unique.
C’est aussi leur apprendre à prendre soin d’elles. Elle leur choisit les meilleurs habits parmi ce qu’elle reçoit: que les filles se sentent propres et belles. Qu’elles ne se sentent pas « moins que les autres» , ni différentes. C’est toute une éducation aussi : des valeurs à transmettre, elles-même inspirées par l’Évangile, une manière de vivre ensemble, l’importance des études pour avoir un avenir… La sœur n’a pas simplement cherché une école du gouvernement, mais a trouvé des places dans une école bilingue français-arabe. Tout ce qu’elle reçoit est pour les filles. Si vous les voyiez, elles sont si charmantes ! Nous oublions souvent d’où elles viennent… et tant mieux ! Ô combien souffrent-elles lorsque certains viennent les prendre en photo (à la maison et en jogging) pour les publier dans des revues (d’Eglise souvent) avec des commentaires pleurant la « misère» . Alors qu’elles ne veulent pas être regardées comme de « pauvres orphelines»  mais bien comme des filles « commes les autres» , avec autant de chances et de valeur ! Ce qui ne signifie pas que la maison n’a pas besoin de soutien, au contraire, la maison ne vit quasiment que de dons. La question de la pub « missio-humanitaire»  et des dons reste une question difficile.
Assurément, cette expérience m’a montrée que sa vie peut toujours changer. Cette maison témoigne de l’espérance en laquelle nous croyons et pour laquelle nous travaillons chaque jour ici et là.

Enfin, ces filles sont aujourd’hui de vrais rayons de soleil. Des petites filles qui jouissent d’une sécurité matérielle et affective depuis quelques temps, et qui aujourd’hui sont pleines de vie et d’énergie. Ceux qui sont passés par là en témoigneront. Il faut s’accrocher, elles sont increvables ! Ce n’est pas du tout un « orphelinat»  triste qui nourrirait un certain misérabilisme. Au contraire, c’est un lieu de joie, d’espérance, qu’on a envie de soutenir parce qu’on y croit, me semble-t-il. Parce qu’on sent l’amour de Dieu à travers tous ces gestes qui s’échangent là-bas. Parce qu’on sent, que cette maison dans la prairie cairote est gérée avec un véritable amour pour ces/ses filles. C’est un lieu de vie plein de jeunes filles avec autant de caractères que d’histoires, et de joies comme de chagrins, de peurs comme d’assurances, de difficultés comme de talents.